Le shiatsu est une pratique manuelle d'origine japonaise qui consiste à exercer des pressions avec les doigts, les paumes et parfois les coudes le long du corps, sur une personne habillée. En France, c'est une pratique de bien-être et de détente : elle ne remplace ni un diagnostic ni un traitement médical.
Le mot « shiatsu » signifie littéralement pression des doigts. La séance vise la relaxation et la sensation de mieux-être ; les explications énergétiques qui l'accompagnent souvent ne reposent pas sur une validation scientifique. Ce cadre posé, une séance avec un praticien formé peut être agréable et apaisante. Les autres pratiques de bien-être sont détaillées dans la rubrique bien-être et soins du corps.
Comment se passe une séance de shiatsu ?
La personne reste vêtue de vêtements souples et s'allonge le plus souvent sur un futon posé au sol, parfois sur une table. Le praticien commence par un échange : état de forme, douleurs, antécédents, attentes. Il travaille ensuite en pressions lentes et rythmées, accompagnées d'étirements doux et de mobilisations des articulations. Aucune huile n'est utilisée. La durée varie selon les praticiens ; un moment de repos en fin de séance est habituel.
Les sensations diffèrent d'un massage relaxant à l'huile : la pression est plus localisée, parfois intense sur certaines zones. Signalez toute gêne : le praticien doit adapter l'intensité immédiatement.
Namikoshi, zen shiatsu, shiatsu assis : plusieurs écoles
Les praticiens n'enseignent pas tous le même shiatsu, et le style influe sur le ressenti :
- le style Namikoshi, du nom de son fondateur, s'appuie surtout sur des pressions du pouce selon des parcours fixes, avec une référence à l'anatomie occidentale ;
- le zen shiatsu, dont Shizuto Masunaga a posé les bases, utilise davantage les deux mains, les étirements et une lecture traditionnelle du corps en méridiens ;
- le shiatsu assis, plus court, se reçoit sur une chaise ergonomique et se propose souvent en entreprise ou lors d'événements ;
- l'auto-shiatsu, enseigné en cours collectifs, apprend quelques pressions à pratiquer sur soi.
Le choix de l'école compte moins que la clarté du praticien sur ce qu'il fait. Demander quel style il pratique, et pourquoi, donne déjà une idée de sa formation. Pour une approche par aiguilles, d'une tout autre nature, la page sur l'acupuncture, réservée aux médecins et sages-femmes rappelle le cadre légal.
Formation et statut du praticien : quoi vérifier
Le métier n'est pas réglementé comme une profession de santé. En France, le massage à visée thérapeutique est réservé aux masseurs-kinésithérapeutes ; les praticiens de shiatsu parlent donc de bien-être. Plusieurs écoles forment sur plusieurs années, et certaines délivrent un titre inscrit au répertoire national des certifications professionnelles, vérifiable sur le site de France compétences. Des fédérations et syndicats professionnels tiennent des listes de membres et un code de déontologie. Demandez où le praticien a été formé, depuis quand il exerce, s'il a une assurance responsabilité civile professionnelle, et vérifiez son SIRET sur sa facture.
Un élève en fin de cursus propose parfois des séances à prix réduit pour valider ses heures de pratique. C'est une formule honnête si elle est annoncée comme telle, avec le nom de l'école qui le supervise.
Contre-indications et précautions
- fièvre, infection, inflammation aiguë ou blessure récente ;
- phlébite, troubles de la coagulation, traitement anticoagulant ;
- fracture, entorse ou chirurgie récente ;
- grossesse : uniquement avec un praticien formé à cet accompagnement et après avis de la sage-femme ou du médecin ;
- maladie chronique, cancer en cours de traitement : en parler au médecin traitant avant.
Une douleur persistante, un engourdissement ou une perte de force relèvent d'une consultation médicale, pas d'une séance de bien-être. L'ostéoporose avancée justifie aussi des pressions très modérées : le praticien doit en être informé.
Prix du shiatsu : séance, cure ou intervention en entreprise
Le tarif est libre et s'affiche avant la séance. La durée, la ville, l'expérience du praticien et le lieu (cabinet, domicile, entreprise) font varier le coût. Les modes de facturation diffèrent aussi :
- la séance à l'unité, à privilégier pour découvrir un praticien ;
- la carte de plusieurs séances, moins chère à l'unité, à lire de près (durée de validité, séances non utilisées) ;
- le déplacement à domicile, avec un supplément lié à la distance et au transport du futon ;
- la prestation en entreprise, chiffrée sur devis pour une demi-journée ou une journée de séances assises, et facturée à l'employeur ou au comité social et économique.
Certaines mutuelles prennent en charge un nombre limité de séances de médecines douces : vérifiez votre contrat, la liste des pratiques couvertes et les justificatifs demandés.
Shiatsu, massage relaxant ou kinésithérapie : faire le bon choix
Le choix dépend de l'attente. Pour une détente globale avec huile et effleurages, un modelage chez un masseur de bien-être convient mieux. Pour une sensation de relâchement par pressions et étirements, habillé, le shiatsu répond à cette envie. Pour une douleur de dos, une raideur après une entorse ou une rééducation, seul un masseur-kinésithérapeute, sur prescription ou en accès direct dans les cas prévus, est habilité à intervenir avec une visée de soin. Rien n'empêche de combiner : une séance de bien-être ne gêne pas une rééducation, à condition d'en informer le kinésithérapeute.
Repérer un praticien à éviter
Le praticien qui pose un diagnostic, conseille d'arrêter un traitement, promet de guérir une maladie ou pousse à acheter des cures longues et payées d'avance sort de son rôle. La Miviludes appelle à la vigilance face aux pratiques non conventionnelles qui éloignent des soins. Pour une approche plus active du corps, un coach sportif diplômé construit un programme de mobilité ; pour une pratique sans contact appuyé, voir aussi la séance de reiki et ses limites.
Futon, tenue, fréquence : préparer son premier shiatsu
- Quelle tenue prévoir pour une séance de shiatsu ?
- Des vêtements souples en coton, couvrant bras et jambes, et des chaussettes propres. Les jeans, ceintures et bijoux gênent les étirements.
- Peut-on manger juste avant ?
- Un repas léger quelques heures avant convient mieux : les pressions sur l'abdomen sont moins agréables l'estomac plein.
- Le shiatsu peut-il faire mal ?
- Certaines pressions sont franches, mais elles ne doivent jamais être douloureuses. Une douleur vive impose d'arrêter la manœuvre et de le dire.
Sources : Code de la santé publique (article L4321-1 sur la profession de masseur-kinésithérapeute), France compétences (répertoire national des certifications professionnelles), Miviludes (pratiques de soins non conventionnelles), ministère de la Santé, service-public.fr (affichage des prix).















