Le tai chi et le qi gong sont deux pratiques corporelles chinoises fondées sur des mouvements lents, la respiration et la concentration. Elles entretiennent la souplesse et l'équilibre, mais ne soignent aucune maladie. Bien choisir son cours tient surtout à l'enseignant, au style pratiqué et au format de l'association.
Tai chi ou qi gong : quelle différence ?
Le tai chi chuan est à l'origine un art martial : il enchaîne des postures en une « forme » plus ou moins longue, selon les styles (Chen, Yang, Wu, Sun). Il se pratique souvent seul, parfois à deux dans des exercices de poussée des mains. Le qi gong regroupe des exercices plus courts, répétés, souvent statiques ou presque, centrés sur la respiration et la posture. Beaucoup de cours associent les deux : un échauffement en qi gong, puis l'apprentissage d'une partie de la forme de tai chi.
Pour qui veut une pratique martiale plus dynamique, les arts martiaux de combat et le choix d'un club relèvent d'une autre approche, présentée avec les autres activités de la rubrique cours et coaching.
Style Yang, forme courte, huit pièces de brocart : s'y retrouver dans les cours
Les intitulés des cours renseignent sur ce qui sera enseigné, à condition de les décoder :
- le style Yang, le plus répandu en France, se reconnaît à des mouvements amples et réguliers ; le style Chen, plus ancien, alterne lenteur, accélérations et frappes ;
- la forme courte ne compte que quelques dizaines de mouvements et s'apprend en une à deux saisons, quand une forme longue demande plusieurs années ;
- les huit pièces de brocart (ba duan jin) sont un enchaînement classique de qi gong, simple et souvent proposé aux débutants ;
- le tai chi avec éventail ou épée s'aborde en général après plusieurs années de pratique à mains nues ;
- les cours dits « sport-santé » adaptent les exercices aux personnes âgées ou atteintes d'une maladie chronique, parfois dans une maison sport-santé reconnue par le ministère des Sports.
Comment reconnaître un enseignant formé ?
Aucun diplôme d'État spécifique n'existe pour le tai chi ou le qi gong. Des fédérations délivrent leurs propres certificats après plusieurs années de formation, et des certificats de qualification professionnelle existent dans le champ du sport. Lorsque l'enseignement est rémunéré et présenté comme une activité physique, le code du sport exige en principe une qualification reconnue et une carte professionnelle d'éducateur sportif, délivrée par le service départemental de la jeunesse et des sports.
Au premier contact, quelques questions suffisent : depuis quand pratiquez-vous, avec quel maître ou quelle école, quel diplôme ou certificat avez-vous obtenu, à quelle fédération êtes-vous rattaché ? Un enseignant sérieux répond sans détour.
Un bénévole qui anime un cours dans une association n'est pas soumis à la carte professionnelle, mais l'association reste tenue d'assurer ses adhérents et de proposer un encadrement compétent. Lui demander depuis combien de saisons il enseigne et s'il a suivi une formation de fédération reste pertinent.
Ce qui se passe pendant un cours
Une séance dure en général entre une heure et une heure et demie, en salle ou en plein air. Elle commence par un échauffement des articulations, se poursuit par des exercices de respiration et d'enracinement, puis par l'apprentissage de mouvements, corrigés un par un. Une tenue souple et des chaussures plates suffisent. Les groupes mélangent souvent les âges : la lenteur rend ces pratiques accessibles aux seniors comme aux personnes qui reprennent une activité.
La taille du groupe compte : au-delà d'un certain nombre d'élèves, l'enseignant ne peut plus corriger les postures, ce qui ralentit les progrès et augmente le risque de mauvaises habitudes au niveau des genoux.
Bienfaits annoncés et limites réelles
Des travaux de recherche, repris par la Haute Autorité de santé dans ses recommandations sur l'activité physique, suggèrent que le tai chi peut aider à réduire le risque de chute chez la personne âgée en travaillant l'équilibre. C'est un intérêt sérieux, mais limité : ces pratiques ne guérissent ni l'arthrose, ni l'anxiété, ni une maladie chronique.
Un discours qui promet de « rééquilibrer l'énergie pour soigner », conseille d'arrêter un traitement ou propose des stages coûteux de plus en plus fréquents doit alerter. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) publie des repères sur les pratiques de bien-être à risque. Pour une douleur, une maladie ou une grossesse, l'avis du médecin traitant passe avant tout. Les postures fléchies sollicitent les genoux : une personne qui souffre d'arthrose ou sort d'une opération le signale pour que l'amplitude soit réduite.
Cotisation, licence, stages : le budget d'une saison de tai chi qi gong
Le coût d'une année dépend d'abord de la formule choisie :
- l'association de quartier, avec une cotisation annuelle ou trimestrielle, souvent la formule la plus accessible ;
- le club affilié à une fédération, qui ajoute le prix de la licence et l'assurance qui va avec ;
- le cours particulier, facturé à la séance, utile pour corriger une forme ou débuter à un horaire libre ;
- les stages de week-end et séjours, facultatifs, qui pèsent vite sur le budget ;
- les cours en ligne, peu coûteux, mais sans correction des postures.
Le nombre de séances par semaine et la ville font aussi varier la facture. Beaucoup d'associations proposent un ou deux cours d'essai, et certaines acceptent les coupons sport de l'ANCV ou une participation du comité social et économique de l'employeur.
Avant de s'inscrire à un cours de tai chi
- Assister à un cours d'essai et observer si l'enseignant corrige chacun.
- Demander si un certificat médical est souhaité.
- Vérifier l'assurance de l'association et l'éventuelle licence.
- Préférer un engagement trimestriel pour commencer.
Débuter le qi gong ou le tai chi : les hésitations des nouveaux élèves
- Peut-on commencer le tai chi après soixante-dix ans ?
- Oui, c'est même l'un des publics les plus présents. Un cours adapté, avec des postures moins basses, et l'accord du médecin en cas de problème d'équilibre ou de cœur suffisent.
- Vaut-il mieux débuter par le qi gong ou par le tai chi ?
- Le qi gong, plus court à mémoriser, rassure souvent les débutants. Le tai chi convient à qui aime l'idée d'apprendre un enchaînement complet sur plusieurs saisons.
- Peut-on pratiquer chez soi entre deux cours ?
- Oui, quelques minutes de révision régulières aident à retenir la forme. Mieux vaut s'en tenir aux mouvements déjà corrigés en cours.
D'autres pratiques douces sont décrites dans la rubrique bien-être et soins du corps, dont la consultation d'un aromathérapeute et ses précautions, ainsi que les cours de danse, autre façon de bouger en musique.
Sources : code du sport (articles L212-1 et suivants sur l'encadrement rémunéré), Haute Autorité de santé (activité physique et prévention des chutes), ministère des Sports (maisons sport-santé), Agence nationale pour les chèques-vacances (coupons sport), Miviludes (repères sur les pratiques de bien-être).















