Hypnothérapeute n'est pas un titre protégé en France : n'importe qui peut l'utiliser après une formation plus ou moins longue. Seule l'hypnose pratiquée par un médecin, un dentiste, une sage-femme ou un psychologue s'inscrit dans le cadre d'une profession de santé ou d'un titre réglementé.
L'hypnose attire pour le tabac, le stress, le sommeil ou la peur de l'avion. Elle est aussi utilisée à l'hôpital, en complément de l'anesthésie ou contre la douleur. Entre ces deux usages, l'offre est vaste et inégale. Les repères qui suivent servent à choisir un praticien avec lucidité, sans attendre de lui ce qu'il ne peut pas apporter.
Ce qu'un hypnothérapeute peut proposer, et ce qui sort de son rôle
L'hypnose est un état de conscience modifié, proche de la rêverie, que le praticien induit par la voix et la suggestion. La personne reste consciente et ne fait rien contre sa volonté. Les approches les plus courantes s'inspirent de l'hypnose dite ericksonienne ou de l'hypnose conversationnelle.
Un rapport de l'Inserm a évalué l'hypnose et jugé ses effets intéressants dans certaines situations, notamment pendant des actes médicaux, tout en relevant que les preuves restent limitées pour de nombreuses indications. Aucun praticien ne peut donc promettre l'arrêt certain d'une addiction ou la disparition d'une maladie.
Une dépression, des idées noires, un trouble alimentaire sévère, une douleur inexpliquée ou un traumatisme lourd relèvent d'abord d'un médecin, d'un psychiatre ou d'un psychologue. L'hypnose ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement, et un praticien honnête ne demande jamais d'arrêter un médicament. Les personnes suivies pour un trouble psychotique ou un trouble bipolaire en parlent à leur psychiatre avant toute séance : la plupart des praticiens formés refusent de travailler sans cet accord.
Ericksonienne, humaniste, autohypnose : les formes d'accompagnement
Derrière le même mot se cachent des pratiques assez différentes, et l'annonce d'un cabinet ne le dit pas toujours :
- l'hypnose ericksonienne, la plus répandue, procède par suggestions indirectes, images et métaphores, la personne restant active dans l'échange ;
- l'hypnose dite humaniste met l'accent sur le dialogue et le choix des objectifs par le client ;
- l'apprentissage de l'autohypnose vise à rendre la personne autonome : le praticien enseigne une technique à reproduire chez soi, ce qui limite le nombre de séances ;
- l'hypnose médicale, réservée aux soignants, s'emploie pendant un soin, une chirurgie ou un accouchement, dans un service ou un cabinet de santé.
L'hypnose de spectacle, enfin, n'a rien d'un accompagnement : elle repose sur la sélection de volontaires très suggestibles et sur la mise en scène. Les séances proposées en visioconférence existent aussi ; elles conviennent mal à une première consultation, faute de pouvoir vérifier le cadre.
Repérer un praticien formé et encadré
Deux situations se présentent. Dans la première, le praticien est un professionnel de santé ou un psychologue qui a ajouté l'hypnose à sa pratique, souvent par un diplôme universitaire. Sa profession se vérifie dans le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) ou, pour un psychologue, par son numéro d'enregistrement. Le titre de psychothérapeute, contrairement à celui d'hypnothérapeute, est réservé par la loi aux personnes inscrites au registre national tenu par l'agence régionale de santé.
Dans la seconde, il s'agit d'un praticien indépendant sans diplôme de santé. Il convient alors de demander :
- le nom de l'école, la durée de la formation et la part de pratique supervisée ;
- s'il suit une supervision régulière auprès d'un pair ;
- son numéro SIRET et son assurance de responsabilité civile professionnelle ;
- son adhésion éventuelle à une association professionnelle dotée d'un code de déontologie.
Une certification inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles, que certaines écoles affichent, atteste d'un référentiel de formation enregistré auprès de France Compétences ; elle ne transforme pas l'hypnothérapeute en professionnel de santé.
La Miviludes, mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires, signale régulièrement des pratiques de bien-être utilisées pour isoler ou exploiter des personnes fragiles. Ses publications aident à reconnaître les mécanismes d'emprise.
Le déroulé d'une consultation d'hypnose
La première séance commence par un entretien : motif de la demande, histoire de la personne, attentes. Le praticien explique ce qu'est l'hypnose et répond aux craintes, souvent nourries par les spectacles. Vient ensuite l'induction, puis un temps de travail sur l'objectif, et un retour progressif à l'état habituel.
Le nombre de séances dépend du sujet : un accompagnement ponctuel pour une peur précise n'a rien à voir avec un travail de fond. Un praticien qui fixe dès le départ un objectif mesurable et un point d'étape après quelques séances permet au client de juger s'il progresse.
Prix d'une séance d'hypnose : les écarts et leurs raisons
Le tarif est libre chez le praticien indépendant ; il doit être annoncé avant la consultation. Il varie avec :
- la qualification : un médecin ou un psychologue hypnothérapeute ne facture pas comme un praticien de bien-être, et la consultation médicale peut relever de l'Assurance Maladie ;
- la durée, la première séance étant souvent plus longue ;
- la formule : séance unique dédiée au tabac, cycle de quelques séances, visioconférence ;
- la ville et la notoriété du cabinet.
Un forfait « arrêt du tabac » qui inclut des séances de rattrapage gratuites en cas de rechute se compare au prix d'une séance simple multiplié par le nombre réel de rendez-vous. Une partie des mutuelles prévoit une prise en charge limitée pour certaines pratiques ; le contrat fait foi.
Les signaux d'alerte avant de s'engager
- une promesse de résultat garanti, en une seule séance ;
- un forfait de nombreuses séances à régler d'avance ;
- la critique de la médecine ou l'incitation à arrêter un traitement ;
- des « souvenirs retrouvés » sous hypnose présentés comme des faits ;
- la demande de couper les liens avec les proches.
D'autres approches de relaxation sont décrites dans la rubrique bien-être et soins du corps, dont la pratique du reiki et ses limites. Pour un objectif de changement personnel sans dimension de soin, un coach de vie peut aussi convenir.
Questions sur l'hypnose avant une première séance
- Peut-on rester bloqué sous hypnose ?
- Non. L'état hypnotique se dissipe de lui-même, comme une rêverie, si le praticien cesse de parler.
- L'hypnose aide-t-elle à arrêter de fumer ?
- Certaines personnes y trouvent un soutien, mais les résultats sont variables. Les tabacologues et le dispositif Tabac Info Service proposent des méthodes évaluées, qui peuvent se combiner.
- Tout le monde est-il hypnotisable ?
- La sensibilité à la suggestion varie d'une personne à l'autre. Un praticien honnête le dit dès le premier entretien et ne présente pas un échec comme la faute du client.
- Faut-il prévenir son médecin avant de consulter un hypnothérapeute ?
- C'est préférable en cas de traitement ou de suivi psychologique, pour que l'hypnose s'inscrive dans le parcours de soin au lieu de s'y opposer.
Sources : Inserm (évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose), loi du 9 août 2004 et décret du 20 mai 2010 (usage du titre de psychothérapeute), Miviludes (rapports et guides de vigilance), répertoire RPPS, France Compétences (Répertoire national des certifications professionnelles), Tabac Info Service.














