La séance de reiki est une pratique de relaxation japonaise, fondée par Mikao Usui : le praticien applique la main sur le corps habillé de la personne pour transmettre, selon ses adeptes, une énergie universelle. Aucune étude ne reconnaît à ce soin énergétique d'effet physique sur la santé.
Une séance de reiki en quatre repères
- Une séance de reiki se déroule en 45 min à 1 h : le receveur, habillé, s'allonge sur une table de massage ; le praticien enchaîne les positions des mains, par apposition ou imposition des mains, sans pression.
- Le reiki Usui, d'origine japonaise, remonte à Mikao Usui dans les années 1920 ; Hawayo Takata a diffusé la pratique du reiki en Occident.
- Devenir praticien reiki passe par une formation par degrés auprès d'un enseignant reiki, sans diplôme d'État.
- Les bienfaits du reiki se limitent à une relaxation profonde ressentie : la force vitale invoquée n'a aucune existence démontrée, et le soin reiki ne remplace jamais un avis médical.
D'où vient le reiki ? De Mikao Usui à Hawayo Takata
Le reiki est une pratique née au Japon au début du vingtième siècle : en séance, le praticien dit servir de canal à une énergie qu'il transmet par la main au corps de la personne. Son nom associe deux idéogrammes : « rei », que l'on traduit par universel ou spirituel, et « ki », la force vitale que la tradition extrême-orientale suppose présente en tout être vivant. L'idée d'une énergie universelle qui circulerait à travers les mains du praticien vient de là : le reiki consiste à placer la main sur le corps pour, selon ses adeptes, canaliser cette énergie.
Mikao Usui (1865-1926) en est le fondateur reconnu. Selon le récit transmis par ses élèves, il aurait reçu la méthode lors d'une retraite sur le mont Kurama, près de Kyoto, puis ouvert une école à Tokyo en 1922. Usui concevait la méthode comme une pratique spirituelle autant que corporelle, associée à cinq préceptes de vie récités chaque jour : ne pas céder à la colère ni à l'inquiétude, cultiver la gratitude, travailler honnêtement, rester bienveillant. Le reiki Usui, ou reiki traditionnel, désigne la lignée qui se réclame directement de son enseignement.
Hawayo Takata, Américaine d'origine japonaise née à Hawaï, se forme dans les années 1930 auprès de Chujiro Hayashi, un élève d'Usui. De retour à Hawaï, elle enseigne la méthode et forme une vingtaine de maîtres avant sa mort en 1980. Presque toutes les écoles occidentales descendent de cette transmission. William Lee Rand fonde ensuite aux États-Unis l'International Center for Reiki Training, à la fin des années 1980, et contribue à diffuser la pratique en Europe.
Au fil des décennies, la méthode s'est ramifiée en de nombreux styles, avec leurs symboles, leurs degrés et leurs variantes de positions. Cette origine japonaise et la dimension spirituelle du récit fondateur expliquent le vocabulaire employé en séance : canal, énergie, harmonisation. Ce vocabulaire décrit une croyance, pas un mécanisme physique observé.
Comment se déroule une séance de reiki, étape par étape
Le déroulement d'une séance de reiki suit généralement le même schéma en trois temps, quelle que soit l'école du praticien. Elle se prolonge le plus souvent de 45 min à 1 h, entretien compris ; certains praticiens proposent des formats de 20 ou 30 min, centrés sur quelques positions de la tête et du dos. Ce déroulement se retrouve dans la plupart des écoles.
L'échange de départ
Le praticien commence par un court entretien et se met à l'écoute du client : ce qu'il attend de la séance, une sensation de fatigue ou de tension, un problème de sommeil ou de stress qu'il souhaite évoquer, les zones qu'il refuse de voir touchées. Ce moment sert aussi à rappeler le cadre. Un praticien sérieux précise d'emblée que sa pratique relève de la détente et qu'elle ne remplace aucun suivi de santé. Certains ouvrent ensuite la séance par un court rituel d'appel, une phrase ou un geste par lequel ils disent se préparer à servir de canal à l'énergie.
L'apposition des mains
Le receveur s'allonge habillé sur une table de massage, dans une pièce calme, parfois avec une musique douce. Le praticien utilise une série de positions et place ses mains successivement sur la tête, le visage, le haut du thorax, l'abdomen, les jambes, puis le dos. On parle d'apposition des mains quand elles reposent sur le corps, d'imposition des mains quand elles restent à quelques centimètres au-dessus. Chaque position se tient en général trois à cinq min. Il n'y a ni pression appuyée ni manipulation : la différence avec un massage tient précisément à cette absence de travail physique sur les muscles.
Le contact reste limité aux zones annoncées. La poitrine, le bas-ventre et toute zone intime ne sont jamais touchés ; avant de poser les mains sur le thorax, le praticien demande l'accord de la personne, qui peut préférer une imposition à distance.
La dernière phase de la séance
En fin de séance, le praticien laisse la personne revenir à son rythme, puis lui demande ce qu'elle a ressenti. Les sensations décrites varient beaucoup : chaleur, picotements, somnolence, sentiment de relaxation profonde, ou rien de particulier. Ces impressions s'expliquent par la position allongée, le repos et l'attention portée au corps ; elles ne prouvent pas le passage d'une énergie. Après la séance, beaucoup de praticiens conseillent de boire de l'eau et de prendre un temps de repos : une habitude, rien de nécessaire sur le plan médical.
Que dit la recherche sur les bienfaits du reiki ?
Les bienfaits du reiki mis en avant par les praticiens (apaisement, sommeil, équilibre, soulagement de douleurs) n'ont pas résisté aux évaluations rigoureuses. La revue Cochrane consacrée au reiki contre la dépression et l'anxiété, publiée en 2015 par Joyce et Herbison, conclut à des preuves insuffisantes pour affirmer un effet. Les essais disponibles sont peu nombreux, de petite taille, et rarement comparés à une séance simulée par une personne non formée.
Ce constat rejoint la position des autorités françaises de santé, qui classent le reiki parmi les pratiques de soins non conventionnelles : sans évaluation favorable, sans encadrement, et à ne jamais substituer à un traitement. L'énergie que décrivent les adeptes, cette force vitale universelle, n'a jamais été mesurée par un instrument physique.
Il reste un effet que personne ne conteste : une heure allongée au repos, avec une présence bienveillante, procure souvent une détente réelle. C'est dans ce cadre, et seulement celui-là, qu'une séance de reiki peut avoir sa place, au même titre que d'autres moments de relaxation. Consulter un médecin reste la première étape face à un problème de santé, quelle qu'en soit la cause. Les personnes qui en sortent apaisées décrivent une expérience agréable ; cette expérience ne se transforme pas pour autant en traitement. La page consacrée aux pratiques de bien-être et à leurs limites replace le reiki parmi les approches voisines.
Séance au cabinet, à domicile ou reiki à distance
Le reiki se pratique sous plusieurs formats qu'il vaut mieux distinguer avant de payer, car ils n'engagent pas la même chose.
- La séance individuelle au cabinet
- La forme la plus courante, décrite plus haut : un praticien, une personne, une table, une heure environ.
- La séance à domicile
- Le praticien apporte sa table ; le déplacement s'ajoute en général au tarif et se discute avant le rendez-vous.
- Le reiki à distance
- Aucun contact ni présence : le praticien affirme envoyer l'énergie depuis son cabinet. Cette formule ne repose que sur la croyance en une énergie transmissible et ne permet pas de vérifier qui intervient réellement.
- L'autotraitement
- L'autotraitement consiste, pour une personne formée au premier degré, à pratiquer les positions des mains sur elle-même, comme un rituel de relaxation quotidien.
Le reiki à distance appelle la plus grande vigilance, surtout quand il se vend en ligne pour soulager une maladie. Le site internet d'un praticien qui promet des résultats sur une pathologie précise donne à lui seul une raison de passer son chemin.
Reiki pendant un traitement, chez l'enfant, en bon cadeau : les cas particuliers
Peut-on recevoir une séance de reiki pendant un traitement contre le cancer ?
Une séance de reiki peut accompagner un traitement si l'équipe soignante en est informée, et à condition de ne rien remplacer. Certains services hospitaliers proposent des soins de support orientés vers la détente ; toute pratique complémentaire se discute d'abord avec l'oncologue, et aucune ne justifie de retarder ou d'interrompre un traitement.
Le reiki convient-il aux enfants ?
Le reiki ne présente pas de danger physique pour un enfant, mais une gêne, une douleur ou une inquiétude chez un enfant relève d'abord du médecin. La séance ne doit jamais retarder une consultation, et la présence d'un parent pendant toute la séance va de soi.
Une séance de reiki peut-elle s'offrir en bon cadeau ?
De nombreux praticiens vendent des bons cadeaux pour une séance de reiki. Il faut vérifier la durée de validité du bon et s'assurer que la personne qui le reçoit souhaite réellement découvrir cette pratique, qui suppose d'accepter un contact des mains.
Faut-il arrêter la séance si l'on se sent mal ?
Une séance de reiki s'interrompt sans attendre au moindre malaise : un vertige, une angoisse ou une douleur se signalent aussitôt au praticien. Un malaise qui persiste à la sortie justifie un avis médical.
Qui peut devenir praticien reiki ?
Devenir praticien reiki ne demande aucun diplôme d'État : le titre n'est pas protégé et la formation n'est pas contrôlée par les pouvoirs publics. L'enseignement se fait par degrés auprès d'un enseignant reiki, que les écoles appellent souvent maître. Le maître transmet chaque degré par une « initiation », un rituel censé ouvrir l'élève à l'énergie. Le premier degré, sur un ou deux jours, apprend les positions pour pratiquer le reiki sur soi et sur ses proches. Le deuxième degré introduit des symboles et le travail à distance. Le troisième, parfois scindé en plusieurs étapes, autorise à enseigner à son tour.
Chaque degré se paie séparément, et le parcours complet peut finir par coûter bien plus cher que quelques séances. Les écoles délivrent leurs propres certificats, dont la valeur se limite à l'attestation d'une formation privée.
Pour exercer, le praticien a besoin d'un statut déclaré (un numéro SIRET figure sur la facture) et d'une assurance de responsabilité civile professionnelle. Certains infirmiers, aides-soignants ou psychologues ajoutent le reiki à leur activité ; leur diplôme de santé ne couvre pas cette pratique, qui reste une prestation de détente à distinguer de leurs actes de soin et qui ne se facture pas comme eux. Un thérapeute qui parle de patient, de diagnostic ou de soin énergétique capable de traiter une maladie sort du cadre du bien-être.
Préparer sa première séance et choisir son praticien
Une première séance de reiki se prépare surtout par quelques questions posées au praticien lors de la prise de contact :
- comment présentez-vous les effets attendus d'une séance ?
- que faites-vous si un client vous parle d'une maladie ou d'un traitement en cours ?
- combien de séances proposez-vous, et faut-il régler un forfait à l'avance ?
- où, et auprès de quel enseignant, avez-vous suivi votre formation ?
Les réponses en disent long. Un praticien qui encourage à poursuivre le suivi médical et ne promet rien de précis respecte le cadre de sa pratique. Le jour venu, il suffit de porter des vêtements souples et d'arriver sans attente particulière ; mieux vaut éviter un repas copieux juste avant, puisque la séance se passe allongé.
Le tarif est libre, mais il doit être affiché avant la prestation, comme pour tout service. Les écarts entre praticiens tiennent à la longueur réelle de la séance, à la ville, au lieu (cabinet, domicile, centre de bien-être) et à la notoriété. Pour comparer, on rapporte le prix au temps passé, entretien compris, on paie à la séance tant que l'on découvre la pratique et, pour une carte de plusieurs séances, on demande par écrit ce qui se passe en cas d'arrêt. Certaines mutuelles remboursent un forfait de médecines douces ; le reiki y figure rarement, et seul le contrat donne la liste exacte des pratiques couvertes.
Pour une détente qui passe par un vrai travail des tissus, un masseur et ses différentes techniques répondent à d'autres attentes que le reiki.
Reiki, magnétisme, cristaux : ce qui les distingue
Le reiki se confond souvent avec le magnétisme, alors que les deux pratiques ont une histoire différente. Le magnétisme se réclame en France de Mesmer et du « magnétisme animal » du dix-huitième siècle ; le magnétiseur se présente souvent comme doté d'un don naturel. Le reiki, lui, se transmet par une formation : selon son principe, toute personne peut devenir canal après l'initiation, sans don particulier. Dans les deux cas, l'idée d'un fluide que la main transmettrait n'a reçu aucune confirmation expérimentale.
Certains praticiens enrichissent la séance d'accessoires : bougie, encens, cristaux posés sur le corps ou autour de la table, musique de relaxation. Ces ajouts ne font pas partie du reiki traditionnel enseigné par Usui ; ils relèvent du goût du thérapeute ou d'un mélange avec la lithothérapie, qui prête aux cristaux des vertus que rien ne confirme. Une bougie ou un bâton d'encens dans une petite pièce fermée peut également gêner une personne asthmatique ou sensible aux odeurs : mieux vaut le signaler au moment de réserver.
Le vocabulaire change aussi d'un thérapeute à l'autre : harmonisation des chakras, rééquilibrage énergétique, libération émotionnelle ou mentale. Ces termes décrivent l'intention du praticien, pas un effet mesuré sur le plan physique ou mental. Une offre qui combine reiki, magnétisme et cristaux dans un même « soin naturel » ne gagne aucune crédibilité à cumuler les techniques ; elle multiplie au contraire les promesses invérifiables. Le magnétisme comme les cristaux restent des pratiques sans preuve, à réserver à une recherche de détente.
Les signaux d'une dérive autour du reiki
Le reiki figure parmi les pratiques de bien-être que la Miviludes, mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, cite dans ses rapports sur le domaine de la santé. Ce n'est pas la séance elle-même qui est en cause, mais l'usage que certains en font pour éloigner des personnes fragiles de leurs soins.
Les signaux sont connus :
- la promesse de guérir une maladie grave ;
- le conseil d'arrêter ou d'espacer un traitement ;
- un discours qui oppose le praticien aux médecins ;
- l'incitation à couper les liens avec l'entourage ;
- des stages de plus en plus coûteux pour accéder à un degré supérieur.
Une escalade financière constitue à elle seule une alerte. La Miviludes peut être saisie par la personne concernée comme par un proche inquiet, et les faits d'exercice illégal de la médecine relèvent de la justice.
Pour une autre approche corporelle sans visée thérapeutique, le shiatsu et ses pressions des doigts s'appuie sur le toucher ; la voie de l'hypnothérapeute et de la transe hypnotique mise sur l'attention et la suggestion, avec les mêmes réserves sur toute promesse de guérison.
Sources : Mikao Usui et Hawayo Takata (histoire de la pratique rapportée par les fédérations de reiki), Cochrane Library (Joyce J., Herbison G. P., Reiki for depression and anxiety, 2015), Miviludes (rapports sur les dérives dans le domaine de la santé et du bien-être), ministère de la Santé (pratiques de soins non conventionnelles), service-public.fr (affichage des prix des prestations de services).















