Le maçon construit et répare les éléments porteurs et les ouvrages en dur : fondations, murs, dalles, ouvertures, murets, enduits. Pour le choisir, une pièce compte avant toutes les autres : l'attestation d'assurance décennale en cours de validité, couvrant précisément le type de travaux prévu, dont les références figurent sur le devis.
Agrandissement, ouverture d'un mur porteur, terrasse sur dalle, rénovation d'une façade : ces chantiers engagent la solidité du bâtiment et parfois celle des voisins. Une erreur coûte cher et se répare difficilement. La rubrique trouver un artisan sérieux présente les autres corps d'état qui interviennent souvent sur le même chantier.
Ce que fait un maçon, et ce qui relève d'autres métiers
Le maçon réalise le gros œuvre : terrassement léger, fondations, élévation des murs en parpaings, briques ou pierre, dalles et chapes, linteaux, reprises de fissures et enduits. Le calcul d'une poutre pour ouvrir un mur porteur relève d'un bureau d'études structure ; un maçon sérieux le demande. La charpente, la couverture, les réseaux d'eau confiés à un plombier ou l'électricité sont d'autres métiers. Pour un muret décoratif ou une petite réparation de carrelage, un bricoleur à domicile suffit parfois.
Maçon généraliste, spécialiste du bâti ancien ou entreprise de gros œuvre
Tous les maçons ne font pas le même travail. L'artisan généraliste réalise extensions, dalles, ouvertures et murets. Le maçon du bâti ancien maîtrise la pierre, la chaux et les enduits respirants : sur un mur en moellons, un enduit au ciment piège l'humidité et dégrade la maçonnerie, comme le rappellent les guides des architectes des Bâtiments de France. L'entreprise de gros œuvre, plus structurée, prend en charge une maison entière ou une extension importante, avec ses propres équipes et engins. Demander des photos de chantiers comparables au sien permet de savoir dans quelle catégorie se range l'artisan.
Assurances et garanties : ce que dit la loi
Depuis la loi Spinetta, tout constructeur doit être assuré en responsabilité décennale : pendant dix ans après la réception, il répond des dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. S'y ajoutent la garantie de parfait achèvement, d'un an, et la garantie biennale pour les équipements dissociables. Depuis la loi Pinel, l'assurance décennale et ses coordonnées doivent apparaître sur le devis et la facture. Le maître d'ouvrage, c'est-à-dire le particulier, doit en principe souscrire une assurance dommages-ouvrage avant le début d'un chantier de construction : elle permet d'être indemnisé rapidement, sans attendre qu'un tribunal désigne le responsable.
Avant le chantier : autorisations et devis
- Urbanisme : selon la surface créée et la zone, une déclaration préalable ou un permis de construire est nécessaire ; la mairie et le plan local d'urbanisme le précisent.
- Devis : métrés, nature des matériaux, préparation du terrain, évacuation des déblais, délais, conditions de paiement.
- Qualification : une mention Qualibat ou une adhésion à une organisation professionnelle donnent un indice, sans remplacer la décennale.
- Références : demander à voir des chantiers récents comparables.
- Sol : dans les zones exposées au retrait et au gonflement des argiles, la loi Elan impose une étude géotechnique pour certaines constructions ; la carte d'exposition se consulte sur le site Géorisques.
Le coût dépend de la nature du sol, de l'accès au chantier pour les engins, des matériaux, de la hauteur, des contraintes de voisinage et de la saison. Comparer au moins trois devis sur une même description reste la meilleure protection.
Au mètre carré, au forfait ou en régie : lire le prix d'un maçon
Un maçon chiffre de plusieurs façons. Les murs, enduits et dalles se comptent souvent au mètre carré, le béton des fondations au mètre cube, les petites interventions au forfait. La régie, c'est-à-dire le paiement au temps passé et aux fournitures réelles, se réserve aux réparations dont l'ampleur ne se mesure qu'une fois le mur ouvert ; elle demande un suivi serré des heures. Pour comparer, ramener chaque devis aux mêmes quantités et vérifier ce qui est inclus : location d'engins, échafaudage, benne, étaiement, nettoyage du chantier.
La TVA dépend de la nature des travaux. Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, la rénovation et l'entretien relèvent d'un taux réduit ; une construction neuve, une surélévation ou un agrandissement qui augmente la surface de plancher de plus de dix pour cent restent au taux normal, selon le Code général des impôts. Un devis qui applique le taux réduit à une extension mérite donc une question.
Côté acompte, la loi ne fixe pas de pourcentage pour un contrat signé dans les locaux de l'artisan. En revanche, après un démarchage à domicile, le Code de la consommation interdit en principe tout paiement avant l'expiration d'un délai de sept jours à compter de la signature.
Pendant et après : la réception des travaux
La réception est l'acte par lequel le client accepte l'ouvrage, avec ou sans réserves. Elle se fait par écrit, idéalement par procès-verbal, et fait partir les garanties. Notez chaque défaut visible : fissure, défaut d'aplomb, finitions. Une retenue de garantie sur le solde peut être prévue au contrat jusqu'à la levée des réserves.
Les signaux d'un maçon à éviter
Absence d'attestation décennale ou attestation pour une autre activité, acompte très élevé avant le moindre approvisionnement, devis forfaitaire sans détail, proposition de travailler sans autorisation d'urbanisme ou sans facture : ce sont les situations que les associations de consommateurs et l'Agence nationale pour l'information sur le logement décrivent le plus souvent dans les litiges de chantier.
Travaux de maçonnerie : précisions utiles
- Un auto-entrepreneur maçon doit-il avoir une décennale ?
- Oui. L'obligation s'applique à tout constructeur, quel que soit son statut ou la taille de son entreprise.
- Que faire si une fissure apparaît après la réception ?
- La signaler par écrit à l'artisan, puis à son assureur décennal si elle menace la solidité. L'assurance dommages-ouvrage, si elle a été souscrite, accélère la prise en charge.
- Un muret de clôture ou une terrasse de jardin relèvent-ils du maçon ou du paysagiste ?
- Des deux : beaucoup d'entreprises du paysage réalisent de la maçonnerie paysagère, avec la même obligation de décennale. Le paysagiste apporte en plus la conception du jardin autour de l'ouvrage.
- Le voisin doit-il être prévenu avant d'appuyer un mur en limite de propriété ?
- Oui, s'il s'agit d'un mur mitoyen ou d'un ouvrage qui touche sa propriété : le Code civil encadre l'usage d'un mur mitoyen, et un accord écrit évite les conflits. L'échafaudage installé chez lui demande aussi son autorisation.
Les saignées et les gaines prévues avant de couler une dalle se calent avec l'électricien du chantier, pour éviter de casser du béton neuf.
Sources : Code civil (articles 1792 et suivants, articles 653 et suivants sur la mitoyenneté), loi Spinetta du 4 janvier 1978, loi Pinel du 18 juin 2014 (mention de l'assurance sur devis et factures), loi Elan du 23 novembre 2018 (étude géotechnique), Code général des impôts (article 279-0 bis), Code de la consommation (article L221-10), Géorisques, service-public.fr (assurance dommages-ouvrage, autorisations d'urbanisme), Agence nationale pour l'information sur le logement.
















