Un électricien installe, rénove et dépanne l'installation électrique d'un logement selon la norme NF C 15-100. Pour une rénovation complète ou une création, son travail se termine par une attestation de conformité visée par le Consuel ; avant de signer, il faut son assurance décennale et un devis poste par poste.
Les interventions d'un électricien dans un logement
Le dépannage (panne de courant, disjoncteur qui saute, prise qui chauffe) est la demande la plus fréquente. Viennent ensuite la mise en sécurité d'une installation ancienne, l'ajout de prises ou de points lumineux, le remplacement du tableau électrique, la rénovation complète lors de travaux, la pose d'une borne de recharge pour véhicule électrique ou d'un chauffage électrique. Certains électriciens installent aussi alarmes, interphones et réseaux informatiques. Pour un ordinateur ou une box qui ne marche plus, c'est un autre métier, celui du dépanneur informatique.
Mise en sécurité ou rénovation complète : deux chantiers différents
Une installation ancienne n'a pas toujours besoin d'être entièrement refaite. La mise en sécurité vise l'essentiel : une prise de terre et une liaison équipotentielle correctes, des dispositifs différentiels en tête de chaque groupe de circuits, des protections adaptées à la section des câbles, la suppression des conducteurs dénudés et des matériels dangereux. Elle se fait souvent sans tout casser.
La rénovation complète remet l'installation au niveau de la norme actuelle : nouveaux circuits, tableau neuf, nombre de prises et de points lumineux revu pièce par pièce. Elle s'impose quand les fils sont en tissu, quand les fusibles à broche sont encore en place ou lors d'une rénovation lourde du logement. Demander à l'électricien laquelle des deux il propose, et pourquoi, permet de juger s'il cherche à vendre le chantier le plus gros.
Qualifications et assurances : la liste à vérifier
- Le numéro SIRET et l'inscription au registre national des entreprises.
- L'attestation d'assurance décennale, qui doit couvrir l'électricité et figurer sur le devis selon la loi Pinel.
- Une qualification reconnue : Qualifelec, organisme spécialisé dans les métiers de l'électricité, ou une qualification Qualibat équivalente.
- La mention RGE pour les travaux d'économies d'énergie aidés (pompe à chaleur, ventilation, régulation).
- Pour une borne de recharge de plus de 3,7 kW, une qualification spécifique de type IRVE, exigée par la réglementation.
Le diplôme d'origine (CAP, bac pro, BP ou BTS électrotechnique) renseigne sur la formation, l'expérience fait le reste. Demander des références de chantiers comparables est légitime.
Norme, Consuel et diagnostic : ce que dit la règle
La norme NF C 15-100 fixe le nombre minimal de prises par pièce, les circuits spécialisés, la protection différentielle et les volumes de sécurité de la salle de bains. Lors d'une installation neuve ou d'une rénovation totale avec mise hors tension, l'électricien doit fournir une attestation de conformité visée par le Consuel, le comité national pour la sécurité des usagers de l'électricité, avant la mise en service par le gestionnaire du réseau. Le Consuel peut alors décider de contrôler l'installation sur place avant de viser l'attestation.
Lors d'une vente ou d'une location, une installation de plus de quinze ans fait l'objet d'un diagnostic électrique réalisé par un diagnostiqueur certifié, et non par l'électricien qui fera les travaux. Séparer les deux rôles évite les conflits d'intérêts.
Comment se passe une rénovation électrique ?
L'électricien visite le logement, examine le tableau, la mise à la terre et l'état des câbles, puis propose un schéma. Le devis détaille chaque circuit, le tableau, le matériel (marque, gamme), les saignées et les rebouchages. Les travaux sont souvent coordonnés avec ceux du plaquiste, du menuisier, du plombier quand la salle de bains est refaite, ou du peintre. À la fin, il remet le schéma de l'installation, l'attestation et la facture.
De quoi dépend la facture d'un électricien ?
La surface, l'état de l'existant, le choix entre encastré et apparent, le nombre de circuits, la gamme du matériel, la difficulté d'accès et l'urgence d'un dépannage de nuit ou de week-end font varier la facture. Un dépannage annonce son coût de déplacement avant intervention : c'est une obligation d'information du consommateur.
Le dépannage se facture en général au temps passé, plus le déplacement et le matériel ; l'ajout d'une prise ou d'un point lumineux se chiffre souvent à l'unité ; une rénovation complète passe par un devis global, décomposé circuit par circuit. Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, ces travaux relèvent du taux réduit de TVA prévu pour l'amélioration et l'entretien des locaux d'habitation, d'après le Code général des impôts.
Deux devis ne se comparent qu'à contenu égal. Vérifier pour chacun : le nombre de prises et de circuits prévus pièce par pièce, la marque et la gamme du tableau, la présence ou non du rebouchage des saignées et de la peinture, la demande d'attestation Consuel incluse ou en supplément, l'évacuation de l'ancien matériel. Un devis nettement plus bas oublie souvent l'un de ces postes.
Les signaux d'un mauvais électricien
Les dépanneurs trouvés par des prospectus collés dans les halls d'immeubles font partie des sources de litiges les plus citées par la DGCCRF : tarif annoncé très bas, facture finale démesurée, remplacement inutile d'un tableau entier. Autres signaux : refus de remettre un devis, absence d'attestation, paiement exigé en espèces, travaux sans coupure générale préalable. En cas de doute, ne pas signer et demander un second avis.
Tableau, prises et Consuel : les cas des particuliers
- Peut-on refaire soi-même son installation ?
- La loi ne l'interdit pas, mais l'attestation Consuel reste exigée pour une installation neuve, et l'assureur peut contester un sinistre si le travail n'est pas conforme.
- Faut-il un électricien pour changer une prise ?
- Non, si le circuit est coupé au tableau et que le geste est maîtrisé. Au moindre doute sur la terre ou le différentiel, l'avis d'un professionnel s'impose.
- Un disjoncteur différentiel qui saute sans raison apparente signale-t-il une panne grave ?
- Pas forcément : un appareil défectueux, une humidité dans une prise extérieure ou un circuit trop chargé suffisent. L'électricien débranche les appareils un par un et mesure l'isolement des circuits pour trouver la cause avant de changer quoi que ce soit.
- Le propriétaire bailleur doit-il mettre l'installation aux normes actuelles ?
- Il doit louer un logement décent, dont l'installation électrique ne présente pas de danger pour les occupants, ce qui n'impose pas une conformité complète à la dernière version de la norme. Le diagnostic remis au locataire signale les anomalies à traiter.
Le ramonage du conduit de cheminée et les autres métiers de l'entretien de la maison figurent dans la rubrique maison et travaux.
Sources : Consuel (attestation de conformité), Qualifelec, AFNOR (norme NF C 15-100), service-public.fr (diagnostic électricité, logement décent), décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 (logement décent), Code général des impôts (article 279-0 bis), DGCCRF (dépannage à domicile), ministère de l'Économie (loi Pinel).














